[Velocite] Nouvelles orientations de la mairie de Montpellier: les espaces partagés

Nourigat nourigat at engref.fr
Ven 10 Avr 06:45:12 PDT 2009


Bonjour,

Le message transmis par Jérome Cassagne est très intéressant et fixe bien les 
enjeux du développement d'une ville cyclable. C'est un débat récurrent à 
Vélocité et qu'il ne faut pas esquiver.
Simplement, il faut mesurer la distance qui sépare la théorie de la réalité.

1. la hiérarchisation de la voirie, elle est imposée d'en haut et nous la 
subissons plutôt que nous en bénéficions. Pourquoi? parce que en amont, il y a 
la localisation des "services", et les moyens d'y accéder. Montpellier cumule 
tous les inconvénients possibles d'une ville qui s'est étendue sans projet 
d'urbanisme global, par juxtaposition de quartiers et de zones d'activités, si 
bien que voies de desserte et artères principales sont mêlées (voie domitienne 
rte de Toulouse, Léon Valois...) jusqu'au centre ville!

2. Tous les services sont conçus pour être accessibles en voitures, d'où 
nécessité d'artères et de voies de distribution, sauf le centre ville, où la 
ville refuse de mettre des stationnement vélos (pour privilégier le tram?).
Alors les 70 à 80% de voirie de desserte à circulation apaisée (ce que nous 
demandons, nous sommes bien d'accord!), je ne sais quel vent soufflera pour 
l'obtenir, c'est bien sûr une posture politique, mais en 50 ans, ça n'a fait 
qu'aller dans le mauvais sens et ça s'aggrave encore (qui a dit Idiotseum?).

3. le cycliste emprunte le chemin le plus court: il se trouve,à Montpellier, que 
c'est l'artère principale, souvent seul cheminement possible (voie Do...) et 
dont l'aménagement piste séparée demanderait de prendre sur la place des 
voitures (ce que nous demandons, mais sans succès, ce n'est pas possible puisque 
justement c'est une artère!). D'où trottoirs.

4. sur la circulation sur trottoir, il n'y a pas de doute, nous nous sommes 
plusieurs fois prononcé contre. JC met en lumière des contraintes réglementaires 
peu connues résultant de la loi sur le handicap, à Montpellier, le travail de 
mise en accessibilité de la voirie est colossal et je suis persuadé que les 
délais ne seront pas tenu. Mais Montpellier n'est pas traumatisée par le 
non-respect de la loi; elle a multiplié les pseudo-aménagements qui ne coûtent 
rien et qui sont complètement illégaux jusqu'aux panneaux (un rond bleu avec un 
vélo et un piéton par exemple).
La vraie raison, en dehors que ça ne coûte rien et que ça fait croire aux 
motorisés (les électeurs) que la mairie est "verte", est plus technique: les 
gestionnaires de voirie sont obnubilés par la notion de responsabilité pénale 
(un automobiliste assuré, ça a une assistance juridique et ça attaque). Avec ce 
genre d'aménagement type trottoir, c'est tout bonus: l'auto ne peut pas 
renverser un cycliste (donc pas de recours et mise en cause de l'aménagement), 
si c'est plus accidentogène à cause des intersections, le vélo a tort dans tous 
les cas sans discussion, il doit céder le passage; de même s'il renverse un 
piéton, il est sur un trottoir.
Et ça favorise les voitures, puisqu'on prend de la place aux piétons qui ne se 
plaignent pas trop, et fait croire aux motorisés qu'ils sont les seuls 
utilisateurs légaux de la voirie, d'où les klaxons, insultes, dépassements 
frôlants...

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Luc Nourigat



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